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12_2016

La culture du bâti est la culture du paysage

Le 28 novembre 2016, l'Office fédéral de la culture avait invité à un dialogue avec les parties prenantes en vue d'une future Stratégie fédérale en faveur de la culture du bâti. La FSAP y a présentée un exposé 12 points:

La culture du bâti est la culture du paysage

Une prise de position au sujet de l’importance culturelle du paysage 

Le message culture de laConfédération du 28 novembre 2014 – et il n’est pas le seul à le faire – tend àinverser le terme. Au lieu de parler de culture du paysage, il y est davantagequestion de paysage culturel. Les deux termes s’influencent réciproquement.

  1. Le « paysage », au sens la Convention européenne sur le paysage, ratifiée par la Suisse en 2013, incarne en soi un acquis culturel. Il existe dorénavant en tant qu’expression culturelle à côté de la musique, de la littérature, de l’art ou de l’architecture.
  2. Le concept et son utilisation pour une partie limitée de notre environnement sont l’expression d’une relation entre cet élément et l’être humain en tant qu’utilisateur, concepteur et sujet percevant. Le caractère durable exercé par l’être humain sur notre environnement, la genèse du paysage en tant que telle, incarne un acte culturel.
  3. Cette relation s’exprime par des valeurs. Ces dernières incarnent également, dans le discours actuel sur le paysage, les prestations paysagères fréquemment évoquées, mais vont bien au-delà.  
  4. La relation avec le paysage doit pouvoir être vécue. Sans un droit d’appropriation, de fréquentation, d’usage et de genèse d’un lien, cette relation est menacée.  
  5. L’acte de bâtir implique bien davantage que la simple réalisation de bâtiments et d’infrastructures. La domestication d’un lieu, de même que les mesures d’amélioration foncière et d’intervention au niveau hydrologique en font également partie.    
  6. La conjonction de telles interventions a pour résultat d’engendrer un tout autonome, avec son expression culturelle propre, de la même manière que le sol, le sous-bois et les arbres composent une forêt.
  7. La valeur d’un paysage ne réside pas uniquement dans sa diversité. Cette dernière est le symptôme, le résultat d’une utilisation et d’une conception associées à beaucoup de soin et de respect. L’encouragement de la diversité implique le soutien à la qualité d’usage. 
  8. Le paysage n’incarne a priori pas un bien protégé au sens de la conservation du patrimoine historique. Il est dynamique et l’être humain ne joue pas un rôle de gardien, mais fait partie de cette dynamique. Ce n’est pas l’espace en tant qu’enveloppe qu’il convient de protéger et de favoriser, mais bien la relation entre l’être humain et l’espace.
  9. L’IFP et l’ISOS sont l’expression des paradigmes de valeur au sein du paysage rural, respectivement urbain. Ce sont ces derniers qui doivent être encouragés et développés.
  10. La planification et la politique du paysage sont le préalable de la culture paysagère. L’élément décisif réside dans le potentiel de lecture et de ressenti du paysage. Cela implique des structures, des limites, des contrastes, des liaisons, qu’ils soient ouverts ou fermés, calmes ou animés, dramatiques ou contemplatifs, abrupts ou charmeurs. Le paradigme de la séparation entre périmètre bâti et vierge incarne à ce niveau l’allié majeur.
  11. Le paysage est la forme spatiale du domaine public. Il n’existe pas de paysages privés. Indépendamment de la possession du sol, le bien commun et le droit de regard débute au plus tard juste au dessus de la couche herbeuse ou du revêtement . Le paysage est l’un des  piliers de la démocratie.
  12. Le développement paysager exige des filières de formation intégratrices, engagées dans la défense du respect du développement durable. Le profil professionnel correspondant est celui de l’ « architecture du paysage ». En Suisse aussi, cette profession doit définitivement s’imposer au niveau académique.

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